ARTISTES : Mélissa Boucher, Marta Budkiewicz, Célia Coëtte, Valentine Esteve, Hugo Ferretto, Mathilde Geldhof, Joerg Hurschler, Adalbert Khan, Lenny Rébéré, Mathieu Roquigny, Lise Stoufflet, Raphaël Tiberghien
Investir un espace, puis le quitter, et ne laisser que des enveloppes suspendues pour toute trace du passage de cette douzaine d’artistes, comme autant de peaux abandonnées après une mue. La forme est imposée, comme la règle d’un jeu : chaque artiste produira une pièce en rapport avec l’objet formel qu’est la housse de vêtement, que ce soit en la remplissant, la déformant, en la fabriquant. C’est un vestiaire mémoriel qui se dessine : chacun s’approprie, à sa manière, un objet qui ne sert qu’à protéger son contenu, qu’on oublie de regarder parce que seule sa fonction importe. Les artistes du Houloc sont eux aussi préservés dans un écrin de bâches en plastiques, de cimaises récupérées ici et là, d’ateliers reliés les uns aux autres par un réseau complexe de couloirs et d’escaliers, en passant par un jardin qui les abrite du monde extérieur.
En étant tour à tour remplie, détournée, utilisée comme support ou encore comme contenant, la housse devient un témoin des mutations d’artistes-lézards, toujours en mouvement, dont le travail évolue et change au moins autant qu’eux.
Travailler en collectif, c’est devoir composer au quotidien avec des pratiques et des personnalités multiples et complexes. Chacun trouve pourtant sa place dans ce désordre mouvant, et l’identité du Houloc en tant que groupe a au moins autant évolué que les vies de ses membres. De ces bouleversements subsistent des mues, qui révèlent autant qu’elles dissimulent, préservent ce dont elles se font la trace. Elles incarnent un portrait collectif de nos questions et de nos recherches personnelles.